Ou pas.

On se lance souvent dans la salsa ou la bachata sans aucune autre expérience dans la danse que notre propre vécu, une boîte de nuit, un mariage, un anniversaire. Les débuts peuvent être une étape inaccessible ou difficile.
En partie en raison de nos projections et attentes, nos propres clichés sur ce milieu n’aident pas non plus, souvent loin de la réalité. Mais la satisfaction et le plaisir de chaque cours nous font vite oublier cet imaginaire illusoire.
Commencer apporte une avalanche de rencontres, de sourire et de bonne humeur à partager en groupe.
À travers cet article, je vais regrouper les trois axes qui me semblent essentiels et fondamentaux à comprendre et à voir avant de se lancer (il en existe beaucoup d’autres).
- L’importance de la posture avec le cadre et la connexion
- La compréhension du guidage
- La musicalité
La posture

Avec notre propre histoire, parcours de vie, il est parfois simplement dur de se tenir droit, détendu, dans une posture naturelle, adaptée à notre corps. Comprendre nos propres mouvements dans l’espace n’est pas intuitif pour tout le monde.
C’est malheureusement très rare d’avoir un accompagnement personnel sur sa posture, le changement doit venir de l’intérieur.
Malgré la quantité de cours de salsa, de bachata et de kizomba auxquels on peut participer, souvent avec des professeurs géniaux et passionnés.
Dans le cas où le professeur n’est pas agréable ou passionné, il ne faut pas hésiter à changer pour tester d’autres pédagogies.
Combien de danseurs courbent toujours leur dos après des années de pratique. Beaucoup trop.
Ce qui peut amener un déséquilibre, ou l’impossibilité de synchroniser le bas et le haut du corps, entraînant des mouvements désaccordés.
J’encourage tous les danseurs à être leurs propres observateurs, devant un miroir, une vidéo selfie, ou avec les conseils d’un ami. Dans le but de prendre conscience de l’importance de la posture avant de commencer les cours.
Et pour quoi ne pas commencer par une danse individuelle avant les danses latines. Il sera plus facile de se concentrer sur ses propres mouvements et se sentir mieux et de préparer son corps à danser à deux.
Ça demande un peu plus de courage, mais c’est vraiment intéressant pour habituer son corps à être en mouvement dans l’espace, dans un groupe. Avec ce travail, les danses latines seront bien plus simples et rapides à comprendre.
Il y a beaucoup de danses accessibles qui conviennent autant aux femmes, aux hommes, mais aussi aux enfants, La danse contemporaine est le parfait exemple, le modern jazz aussi, et encore beaucoup d’autres.
À chacun de trouver la meilleure façon de bouger pour trouver ou améliorer sa posture naturelle.
Impossible de dissocier la posture du guidage, c’est compliqué voir désagréable de guider ou d’être guidé par une personne qui ne se tient pas droite, sans cadre.
Le cadre
Tenir son cadre est fondamental, il est le garant de la stabilité d’une danse, la partenaire doit se sentir soutenue. Elle doit sentir la confiance et la stabilité de notre équilibre dans une position fermée.
Le leader et le follower ne sont jamais passifs. Une contraction musculaire des bras, des mains, du dos et des abdominaux est nécessaire, et doit s’adapter à la morphologie de son ou sa partenaire (en ajustant la tension musculaire). Il est impératif de maintenir un cadre juste et clair, ni trop dur, ni trop doux, pour maintenir une connexion équilibrée.
Danser à deux est une activité qui demande toute notre présence pendant trois minutes, c’est un instant à vivre à deux, vivant, pleins d’énergie.
La connexion
Sans connexion, le partage n’est plus possible, le guidage est dégradé, ou seulement mécanique, peu ressenti, une danse sans âme.
L’intensité de la connexion va être différente pour chaque personne. En salsa ou en bachata, on peut sentir les points de contact de la connexion sur nos mains, nos bras, les épaules, le dos ou le bassin (il y en a d’autres).
En kizomba ou tango au niveau du buste principalement, il faut apprendre à figer ses mains et guider par la force du mouvement, dans une direction donnée.
Le zouk brésilien impose une subtilité et une douceur à guider, du bout des doigts, dans une grâce naturelle.
Le guidage
Le guidage est essentiel dans les danses latines, il permet d’indiquer une direction et un mouvement à notre partenaire. Mais aussi d’appliquer une certaine intensité en fonction de la musicalité et de la connexion entre les deux partenaires.
Comme pour un duo de musiciens, c’est une forme de dialogue, d’échange (on parle de guider / suivre ou leader / follower). Une grande partie du plaisir passe par cette connexion. En kizomba et en tango la connexion est permanente, elle ne doit pas être interrompue.
De façon générale, ce sont les hommes qui guident les danseuses en soirées et pendant les cours. Mais de plus en plus de femmes se mettent au guidage, avec l’avantage d’avoir la sensibilité d’un follower. Les codes évoluent, c’est très intéressant pour un homme d’essayer d’être guidé, pour comprendre ou affiner son propre guidage.
La danse est une forme de communication, une langue vivante, les règles évoluent avec le temps.
Le guidage entraîne une connexion entre les deux partenaires, ce qui donne une partie de l’énergie de la danse. Il faut parfois faire plusieurs danses avec le même partenaire, pour avoir une bonne connexion, plus subtile.
C’est important de préciser directement si le guidage est trop dur ou doux sans connaître le partenaire (un guidage dur va être désagréable, parfois même douloureux, et un guidage trop doux peut empêcher une bonne lecture et une mauvaise connexion).
Ce feeling sera différent avec chaque personne, en fonction de la posture et de la danse pratiquée, mais aussi de l’énergie, de la morphologie, et de la personnalité des danseurs.
La musicalité
La danse se fait en rythme, on ne peut pas faire sans, la compréhension de la musicalité fait partie de la progression, pour arriver à bouger correctement, ou simplement s’améliorer.
Au début, il est important de placer ses pieds sur chaque temps, d’être le plus précis possible, en essayant d’avoir un timing parfait.
Avec l’expérience, il est possible de diviser ou de multiplier le nombre de pas sur la même mélodie.
En bachata, la musique est en 4/4, c’est-à-dire en quatre temps par mesure, donc quatre pas à poser. L’objectif est de viser un timing parfait sur le rythme de la musique.
Puis quatre pas dans l’autre sens pour la deuxième mesure.
Pour plus de facilité et de compréhension, les professeurs comptent les deux premières mesures en 8 temps. Cela permet une plus grande ouverture et plus de temps pour décomposer ou placer une technique ou une figure spécifique.
Il est possible de faire deux temps en ralentissant (donc deux pas sur ces quatre temps). Attention, il faut faire en sorte que chaque pas ait exactement la même durée et de les placer au bon moment dans la chanson (par exemple, une pause pour faire deux pas, souvent possible dans la bachata sensuelle dans l’intro ou la fin d’un couplet).
L’oreille s’améliore automatiquement avec le temps, à la condition de pratiquer plusieurs heures et d’être régulier. Sans se forcer, d’avancer à son rythme petit à petit.
Il est difficile pour le follower d’être guidé à contretemps ou trop rapidement (il ne faut pas hésiter à le dire gentiment à son partenaire ). Il est normal de faire des erreurs de rythme pour le leader, il faut écouter puis repartir le plus rapidement dans le sens de la musique (ne pas s’arrêter).
On peut facilement trouver le premier temps, au début de chaque couplet et refrain (à la fin de l’intro pour le premier couplet).
Pourquoi attendre ⌛, il n’y a aucune excuse valable à ne pas sortir ou commencer à danser ? Le seul risque est de regretter de ne pas l’avoir fait plus tôt. Chaque danse partagée est un nouveau moment d’expression, de connexion, avec vous-même et avec l’autre. Votre façon de danser reflète un peu ce que vous êtes, ou parfois uniquement ce que vous voulez montrer. Il peut y avoir une petite forme de contrôle.
Danser nous permet de perdre ce contrôle, de lâcher prise, elle nous laisse l’occasion de toucher à la grâce parfois, à ce moment intemporel, joyeux, difficile à décrire, un flottement merveilleux.
N’importe quel médecin vous dira, « Oui, allez danser ! », n’importe quel enfant dansera sans raison, le mouvement fait partie de nous depuis toujours.
La danse ne règle pas les problèmes, mais elle nous ramène au présent. Elle peut être une forme de thérapie. Elle nous rappelle constamment que bouger en rythme ou non, c’est vivre !
Alors qu’attendons-nous, dansons 🕺💃.

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